Le constat est éloquent. Le nombre de sociétés cotées est en baisse. La Bourse n’est plus le Graal pour les entreprises de taille moyenne qui rêvent d’accélérer leur croissance. Comme l’économiste Patrick Artus le relevait récemment : il y avait plus de 8 000 sociétés cotées aux Etats-Unis il y a vingt ans, elles ne sont plus aujourd’hui que 3 800 ! A l’instar d’Elon Musk s’interrogeant publiquement, au cœur de l’été, sur la pertinence de garder Tesla en Bourse, beaucoup de dirigeants d’entreprises cotées n’y trouvent plus leur compte.

Pourquoi cette désaffection ?

Dans Les Echos du 28 septembre, l’entrepreneur Marc Simoncini rappelait la difficulté de réussir une IPO et la patience nécessaire pour enchaîner sans sourciller d’interminables roadshows devant des analystes financiers. Alors que le reporting prend un poids de plus en plus chronophage, on ne peut également que déplorer les perspectives court-termistes des analystes à l’occasion des résultats trimestriels, qui entraînent parfois des sanctions boursières exagérées à l’occasion d’une publication inférieure au consensus. Le temps de la Bourse n’est décidément pas celui d’un dirigeant d’entreprise engagé dans une stratégie de long terme…

Du côté des investisseurs, les marchés financiers censés donner une valorisation objective à chaque entreprise ont découragé bon nombre d’épargnants. En effet, la valeur réelle des entreprises cotées n’a souvent plus grand-chose à voir avec leur valorisation boursière. Cette dernière évolue au gré d’événements exogènes parfois sans rapport avec les fondamentaux réels des entreprises : Brexit, tweets intempestifs, positions de certains opérateurs (vendeurs à découvert) ou encore, rotations sectorielles violentes durant lesquelles le marché a trop tendance à jeter le bébé avec l’eau du bain. Cette volatilité et cette défiance, renforcées par le douloureux souvenir de la crise de 2008, ont contribué à écarter de la Bourse nombre d’investisseurs.
Aujourd’hui, seule une minorité d’épargnants français détient des actions et considère au mieux ce placement comme  une nécessaire diversification patrimoniale.

Private Equity : une performance attractive sur longue période

Pourtant, l’investissement en actions demeure l’un des placements les plus rentables sur la durée. Pour un investisseur souhaitant se soustraire à la volatilité des marchés financiers, l’investissement dans le non coté, bien que moins liquide que la Bourse, offre une alternative intéressante pour accéder à la valeur créée par les entreprises.
Selon une étude du cabinet EY, le Private Equity a dégagé une performance de 8,7% par an contre 3% pour l’indice CAC 40 sur une période longue s’étendant de 2007 à fin 2016. Beaucoup de sociétés investies par le Private Equity sont des PME ou des ETI à capitaux familiaux ou privés, focalisées sur la croissance et la valorisation à long terme des actifs de la société.  L’actionnariat familial des PME, reposant sur un alignement d’intérêt entre capital investi, patrimoine et management, s’avère dans la durée globalement plus performant que celui des sociétés cotées.

L’investissement dans le non coté représente donc une alternative pertinente à la Bourse : le risque y est rémunéré en fonction de la performance réelle de l’entreprise. Dans une PME, cette démarche peut même conduire à la création d’un véritable affectio societatis entre l’entrepreneur et l’investisseur en soutien à des managers accessibles et à leur projet de croissance.

 

 

Posté par Philippe LAGARDE - Directeur général d'EDULIS

Capital investisseur (Sagard, Investessor), et banquier d’affaires (Deutsche Bank, Morgan Stanley, Croissance Partenaires), Business Angel, Philippe accompagne et conseille les Dirigeants dans le financement de leurs projets de croissance et leur réflexion stratégique. Directeur Général d'EDULIS, plateforme dédiée à l'investissement dans les Fonds Propres des entreprises de croissance. Ses expertises couvrent l’ensemble des enjeux liés au financement du développement et à la transformation des entreprises.