Une bonne nouvelle pour les investisseurs et les entrepreneurs

La réduction d’impôt IRPME, également appelée réduction d’impôt « Madelin », est un dispositif fiscal permettant, depuis le 1er janvier 2016, aux épargnants qui investissent directement dans les PME non cotées, de bénéficier d’une réduction d’impôts dans la limite d’un investissement de 50 000€ par contribuable. La loi de finances pour 2020 retient désormais un taux majoré de 25 % (au lieu des 18% en vigueur jusqu’à présent) de la réduction d’impôt pour les versements effectués jusqu’au 31 décembre 2020.

C’est d’abord une bonne nouvelle pour les investisseurs d’EDULIS et les entrepreneurs en phase de levée. Nous ne pouvons que saluer cette décision.

Une décision insuffisante et inefficace au vu de enjeux

A l’heure où l’OCDE place la France au 1er rang des pays européens pour la pression fiscale (en 2018, la pression fiscale s’élevait à 46,1% du PIB en France pour une moyenne UE de 34,3%) et où l’Etat engage un indispensable et massif Plan de Relance de 100 milliards d’Euros qui pèsera sur les générations futures et leurs économies, il est crucial de donner aux acteurs économiques comme financiers des signaux plus clairs et plus pérennes face aux enjeux actuels de sortie de crise.

Même majoré à 25% et pour seulement 4 mois garantis, cette décision reste insuffisante et surtout inefficace pour déclencher un changement de comportement des épargnants, que le Ministre de l’Economie et des Finances appelle justement de ses vœux.

La nécessite d’aller plus loin et de faire preuve d’audace

Le soutien antérieur à l’investissement dans les PME avec une exonération de 50% imputable sur l’ISF a été clairement brisé en 2017, provoquant une réorientation de cette épargne initialement au bénéfice des entreprises vers des supports improductifs pour l’économie, comme l’assurance-vie. Pourquoi ne pas revenir a minima à ce niveau, en donnant une visibilité à 5 ans qui transcende l’annualité de la Loi de Finances et dépasse les débats rituels et stériles sur l’opportunité de la mesure ? On ne peut raisonnablement pas piloter les incitations à investir des agents économiques avec des petits coups de barre au cœur de l’été ! Il faut leur donner un cap stable et clair.

Et pourquoi ne pas s’inspirer de l’exemple anglais et proposer, de façon plus agressive, une exonération IR de 30% de l’investissement direct dans les start-ups de croissance et de 100% des pertes sur l’IR ou les plus-values (Enterprise Investment Scheme) ? Une période garantie de 3 ans, horizon prévisible d’absorption de la crise COVID 19, serait opportune pour faire évoluer les pratiques actuelles des épargnants. Faisons preuve d’un peu d’audace, la situation le commande.

La transition écologique au cœur de la relance

Bpifrance et la Banque des Territoires, qui priorisent aujourd’hui la transition écologique (cf. l’article d’Eric Lombard, directeur de la CDC, dans la Tribune) seront de puissants vecteurs de cet indispensable sursaut en faveur de l’économie réelle. Les acteurs de la finance alternative spécialisés dans le haut de bilan des PME de croissance non cotées, comme EDULIS, pourront accompagner cet indispensable renforcement des fonds propres, notamment par leur proximité avec les entrepreneurs et leur capacité de conseil.

Le besoin de renforcement des fonds propres des TPE/PME

Espérons enfin que l’enveloppe de renforcement des fonds propres de 3 Milliards d’Euros prévue pour les TPE/PME et ETI, bénéficiera réellement aux TPE/PME, et qu’elle ne sera pas préemptée par les sociétés de gestion des fonds au seul avantage des Midcaps et ETI, dont le profil de risque/rendement sera jugé plus favorable. C’est tout l’enjeu du portage de ces mesures auprès des dirigeants de PME : la finance alternative, par sa proximité avec les entrepreneurs régionaux peut y contribuer.

Voilà un sujet de réflexion majeur et concret pour le tout nouveau Haut-Commissaire au Plan, désormais à pied d’œuvre, sinon au « pied du mur » de la dette et de la relance.

Posté par Jean-Rémy CAUQUIL - Président d'EDULIS

Militant du financement alternatif des TPE et PME, il saisit l’ouverture réglementaire du financement participatif pour leur apporter une offre digitale de financement “haut de bilan” en rupture, conjuguée aux conseils de l‘équipe d’experts expérimentée d'EDULIS.