Dans ce contexte porteur, revenons sur les différences des deux principaux segments : le prêt classique ou obligataire (« Crowdlending ») et l’investissement en capital (« Crowdequity »).

Le Crowdlending

Les investisseurs apportent de la liquidité à une entreprise, sous forme  de prêts ou de souscription d’obligations. Ils deviennent donc créanciers de l’entreprise : prêts à court et moyen terme (6 mois à 5 ans) ou obligations à moyen terme (2 ans à 7 ans).

Dans les deux cas,  ils récupéreront leur mise via le remboursement du capital assorti d’intérêts (rémunérant leur risque), si l’entreprise ne fait pas défaut. L’intérêt dépend de la qualité de l’entreprise,  analysée  par une note de credit-scoring ou une cotation Banque de France FIBEN, et des caractéristiques du prêt : maturité, amortissement, sûretés, garanties.

La rémunération du prêt participatif se situe entre 4 % à 8% d’intérêt par an. Celle des obligations est plus élevée, de 6% à 12%/an, du fait d’échéanciers d’amortissement et de maturité plus longs. La seule incertitude réside dans la capacité de l’entreprise à assurer le paiement de l’intérêt et le remboursement (la solvabilité).

Le prêt est privilégié par les PME pour financer leurs besoins en trésorerie à court et moyen terme, alors que l’obligation est généralement utilisée pour financer des investissements à moyen et long terme (investissements productifs ou commerciaux, actions marketing ou transformation numérique, acquisitions…).

Le Crowdequity 

L’entreprise réalise une augmentation de capital : l’investisseur devient actionnaire et propriétaire d’une part de l’entreprise. C’est un investissement long-terme (5 ans ou plus) qui permet de renforcer les capitaux propres et, pour l’investisseur, de bénéficier de l’intégralité de la création de valeur liée au développement de l’entreprise. Le gain est alors matérialisé par la plus-value de sortie en cas de performance. L’investisseur bénéficie de l’ensemble des droits réservés aux actionnaires complétés par un Pacte d’actionnaires (droit à l’information et au reporting, protection du capital, dividende éventuel etc.).

Crowdlending vs Crowdequity : Quels risques, quelles différences ?  

Les deux supports sont complémentaires dans le cadre d’une diversification de l’épargne et d’une recherche de rendement. Tous deux impliquent un risque de perte, partielle ou totale. Une entreprise peut en effet ne plus être en capacité de rembourser son prêt ou ne pas connaître le succès escompté dans le cadre d’un investissement en action. Il existe cependant quelques différences fondamentales :

  • Horizon d’investissement et liquidité : contrairement au prêt ou à l’obligation, la rémunération et le remboursement d’une action ne sont pas fixés par un contrat. L’horizon d’investissement et le rendement de l’investisseur dépendent de l’évolution de l’entreprise, de ses marchés et des choix des managers. Le pacte d’actionnaires permet d’encadrer ce risque et précise les engagements des managers, notamment en matière de liquidité de sortie (5 ans généralement) ;
  • Rang des créanciers en cas de faillite : les actionnaires « passent après » les banquiers et les créanciers prioritaires (Etat, salariés, organismes sociaux);
  • Rendement: l’espérance de rendement d’une action est très supérieure à celle d’un prêt : un minimum de 15%  à 20%/an, voire un multiple de la mise. L’intérêt d’un prêt est, par définition plafonné.
  • Diversification et compensation des pertes: une perte en capital peut être compensée plus rapidement dans le cas d’un investissement en action que pour un prêt. Ainsi, à 6% d’intérêt, il faut au minimum 17 prêts similaires pour compenser une perte en capital de 100, alors qu’un seul investissement similaire en action peut compenser cette perte si celui-ci produit un rendement de 2,0 X la mise. Le risque individuel d’une action est donc, dans l’absolu, supérieur à celui d’un prêt, une diversification pertinente du portefeuille permet une meilleure protection du risque de défaut ou de faillite.
  • Enfin, la fiscalité est un élément différenciant de l’arbitrage entre prêt et action. Les investissements en actions sont éligibles à des avantages fiscaux alors que les prêts n’en bénéficient pas. Ainsi, un investisseur action bénéficiera en 2019 d’une réduction d’impôt IR de 25%, ou s’il décide d’investir via son PEA, il bénéficiera d’une exemption totale de l’impôt sur la plus-value éventuelle de sortie. Le prêt n’est éligible à aucun de ces dispositifs.

Crowdlending vs Crowdequity : Quel choix et comment investir ? 

Le choix de l’investisseur entre prêt, obligation et capital dépend de ses objectifs de rendement et de risque, de son horizon d’investissement et de sa situation fiscale. Un investisseur recherchant un rendement élevé et un avantage fiscal s’orientera naturellement vers l’action. Un investisseur cherchant à sécuriser à court terme un rendement plus limité retiendra le prêt.

Dans les 2 cas, il devra s’assurer de la qualité des équipes et des processus de sélection de la plateforme sur laquelle il investit. Il devra vérifier qu’elle est bien enregistrée à l’ORIAS et qu’elle a obtenu les agréments AMF ou ACPR garantissant professionnalisme et protection des investisseurs (IFP, CIP, PSI).

N’hésitez pas à contacter l’équipe EDULIS, Conseiller en Investissement Participatif et spécialiste de l’investissement en actions et obligations dans les sociétés de croissance.

Posté par Philippe LAGARDE - Directeur général d'EDULIS

Capital investisseur (Sagard, Investessor), et banquier d’affaires (Deutsche Bank, Morgan Stanley, Croissance Partenaires), Business Angel, Philippe accompagne et conseille les Dirigeants dans le financement de leurs projets de croissance et leur réflexion stratégique. Directeur Général d'EDULIS, plateforme dédiée à l'investissement dans les Fonds Propres des entreprises de croissance. Ses expertises couvrent l’ensemble des enjeux liés au financement du développement et à la transformation des entreprises.