La question du financement de la croissance se pose dès la création d’une entreprise. Le fondateur combine d’abord ses propres ressources avec celles de son entourage (« Love and family money »). Mais rapidement il devra faire appel à des financements complémentaires et à tendance à se tourner vers sa banque.

Le crédit bancaire

Bien que le secteur bancaire reste un partenaire privilégié des PME (960 milliards d’euros d’encours de crédit aux entreprises à fin avril 2018 « en vive augmentation sur un an (+5%) », selon la Banque de France, en pratique, la volonté et la capacité d’accompagnement des banquiers des dirigeants de PME reste limitée. En outre, si la banque est efficacement positionnée concernant les offres de dette long terme ou de financement de la trésorerie, la structuration du haut de bilan nécessite d’autres compétences d’ingénierie financière, de recherche de solutions alternatives d’augmentation de capital ou d’émissions d’obligations convertibles, par exemple.

Les plus : non dilutif pour les actionnaires, des taux d’intérêt actuellement bas
Les moins : pas de conseil expert et indépendant, limite d’endettement souvent atteinte pour les PME

L’univers de l’investissement en haut de bilan, ou capital investissement, compte de multiples acteurs aux profils variés dont le dirigeant de PME doit analyser les apports respectifs au regard du stade de croissance de son entreprise ou de son projet de croissance.

Les Business Angels

Avec plus de 63 M€ investis à travers 509 opérations en France en 2017, les Business Angels sont des acteurs de l’écosystème entrepreneurial, en particulier des start-ups, donc du capital risque ou d’amorçage. Ce sont souvent des entrepreneurs qui ont vendu leur entreprise et qui souhaitent contribuer à la croissance d’autres initiatives d’entreprises, avec lesquelles ils ont des affinités, voire peuvent apporter un regard expert, une vision stratégique ou d’expérience.

Ces investisseurs ont une stratégie basée sur la diversification de leurs risques, en multipliant les petites opérations, et sur des positions minoritaires. Afin d’apporter un capital suffisant à ces entreprises, nombre de Business Angels interviennent en réseau et co-investissent, le cas échéant avec des fonds d’investissement.

Les plus : smart money (les Business Angels investissent également du temps)
Les moins : capacité d’investissement limitée, premier tour de table
Dans quel cas est-ce adapté ? : sociétés en phase d’amorçage
Financement moyen : entre 10 k€ et quelques centaines de milliers d’euros

Les partenaires publics

BpiFrance joue un rôle d’accélération, en particulier de l’innovation, grâce, à ses capacités de prêts complémentaires et de garanties. Ses interventions en capital s’adressent en revanche à des PME déjà matures pour des niveaux d’intervention supérieurs à 2 M€.

Les Conseils Régionaux au travers d’agences de développement économique et de Fonds régionaux contribuent aussi au développement des entreprises et des territoires.

Les plus : soutien public, ancrage régional
Les moins : dossiers parfois complexes à monter

Les fonds de private equity

En 2017, les fonds de private equity français ont investi 14,3 Md€ d’investissement dans plus de 2 100 entreprises.

On note néanmoins que cette ressource est principalement captée par les moyennes et grandes entreprises (financements de plus de 5 M€) et peine à irriguer le tissu des PME.

Les fonds de venture capital

Ces fonds sont susceptibles d’investir entre 500 k€ et 10 M€ afin de soutenir le développement de projets très innovants. Ils s’impliquent dans l’accompagnement des dirigeants qu’ils financent. Souvent spécialisés par secteur, ils ont des objectifs de rendement et de création de valeur élevés, et des exigences de reporting fortes.

Compte tenu du fort taux de défaillance des entreprises de moins de 5 ans, les fonds de venture capital multiplient les participations afin de diversifier leurs risques.

Les plus : accompagnement à moyen terme ; réflexion sur le marché ; suivi du dirigeant
Les moins : dilutif (perte d’une partie de l’autonomie du dirigeant)
Dans quel cas est-ce adapté ? : financer des projets technologiques et innovants
Financement moyen : entre 500 k€ et quelques M€
À qui cela s’adresse ? : Start-up avec un POC et une traction commerciale minimale

Les fonds de capital développement 

Ces fonds prospectent des entreprises matures à la recherche de financements pour poursuivre leur croissance :
– un taux de rendement interne attendu souvent élevé de 15 % à 20 %,
– une durée d’investissement pouvant aller jusqu’à 7-10 ans,
– une prise de contrôle généralement minoritaire.

Les plus : accompagnement du dirigeant (souvent dans un Comité Stratégique)
Les moins : équilibre à trouver avec le management dans la gouvernance de la société
Dans quel cas est-ce adapté ? : renforcement du haut de bilan, développement d’une activité existante, acquisition de concurrent,
Financement moyen : 500 k€ à quelques dizaines de M€
À qui cela s’adresse ? : PME de plus de 5 ans avec plusieurs M€ de CA

Le financement participatif

De 2015 à 2017, les montants engagés par le financement participatif ont été multipliés par deux pour atteindre 336 M€. Ce type de financement peut revêtir la forme d’une prise de participation, le plus souvent minoritaire ou d’un prêt obligataire.
Les Plateformes ont souvent un biais sectoriel (immobilier, énergie…) ou de profil d’entreprise (start-up etc.). Elles interviennent pour les PME principalement en prêt.

EDULIS, le financement de la croissance par actions et obligations

EDULIS, créée en 2014, a obtenu de l’AMF son agrément de Conseiller en Investissements Participatifs, en 2017. EDULIS s’adresse à la fois aux jeunes entreprises innovantes ayant déjà fait leurs preuves sur leur marché et aux PME de croissance souhaitant diversifier leurs sources de financement afin de renforcer leur haut de bilan.

EDULIS intervient donc après un premier tour de table love money, après les Business Angels ou les fonds de venture capital.

Les associés d’EDULIS accompagnent personnellement chaque dirigeant d’entreprise dans la structuration de son projet stratégique et financier.  

Après une phase d’instruction, EDULIS construit avec le dirigeant d’entreprise la stratégie de levée de fonds, appuyée sur un Business Plan détaillé et une analyse de risques et de perspective de création de valeur. Plusieurs solutions de financement sont proposées : augmentation de capital, obligations simples ou convertibles, co-investissement.

Les plus : actions et obligations, accompagnement du dirigeant, financement du haut de bilan
Dans quel cas est-ce adapté ? : financement des PME françaises de croissance non cotées
Financement cible : entre 0,5 et 2,5 M€ par la Plateforme, en co-financement au-delà

Posté par Philippe LAGARDE - Directeur général - EDULIS

Capital investisseur (Sagard, Investessor), et banquier d’affaires (Deutsche Bank, Morgan Stanley, Croissance Partenaires), Philippe est un spécialiste de l’accompagnement stratégique et financier des entreprises, de la start-up à l’ETI. Ses expertises couvrent l’ensemble des enjeux liés au financement du développement et à la transformation des entreprises.