Comment les dossiers de demande de financement d’entreprises vous parviennent-ils ?

Nous recevons des dossiers par plusieurs canaux. Tout d’abord, les réseaux des associés, qui sont constitués d’entrepreneurs et d’intermédiaires (avocats, experts comptables…). Puis, bien entendu, par notre Plateforme de financement participatif www.edulis-capital.com, lieu d’organisation de la rencontre entre investisseurs et entreprises. Et enfin, grâce aux recommandations spontanées, issues de chefs d’entreprises que nous accompagnons en région, qui représentent environ 20% du flux de dossiers que nous recevons.

Pourquoi une entreprise se tourne-t-elle vers EDULIS et non vers sa banque afin d’obtenir un financement ?

Du fait de leurs contraintes spécifiques, les banques traditionnelles ne contribuent pas ou peu au financement de projets de développement des PME. En particulier, les banques ne financent pas l’immatériel, certains projets de croissance, d’innovation technologique ou d’usage, de renforcement des forces commerciales. Par ailleurs, les banques demandent souvent au dirigeant une caution personnelle. L’offre de financement d’EDULIS vise le haut de bilan et le long-terme des PME, délaissés par les acteurs traditionnels du monde bancaire.

De même, qu’est-ce qui vous différencie d’un fonds d’investissement ?

En termes de cycle de levée de fonds, nous nous situons entre les business angels et le capital développement, sur des tickets de 1 à 5 M€, au moment où les dirigeants ont besoin de structurer l’entreprise et de renforcer ses ressources. Notre Plateforme est l’outil de communication idéal vis-à-vis de l’ensemble des parties (clients, fournisseurs, collaborateurs, partenaires). Elle permet aux entreprises de se présenter aux investisseurs privés comme professionnels. Notre démarche est donc volontariste en direction des PME, des capitalisations modestes, là où les fonds traditionnels sont peu présents ou avec des attentes de contrôle du capital et de rendement inadaptées aux PME non cotées.

Notre processus d’instruction s’appuie sur des critères aussi exigeants que ceux des fonds d’investissement, mais nous privilégions une collaboration très étroite avec les dirigeants. Nous les accompagnons pendant et après la levée de fonds, par le biais notamment d’une représentation de nos investisseurs au Comité Stratégique.

Sur quels critères faites-vous un premier tri parmi les dossiers que vous recevez ?

Nous sélectionnons des entreprises qui sont déjà dans le marché avec une offre compétitive et une clientèle fidélisée. Elles affichent donc au moins un premier bilan et un chiffre d’affaires minimum de l’ordre d’1 M€. Outre ces critères quantitatifs, nous analysons le projet afin de nous assurer qu’il est réaliste, créateur de valeur et que son besoin de financement est cohérent et raisonnable. Enfin, dès cette première phase, nous sommes très attentifs au positionnement de la société au regard de critères de responsabilité environnementale, sociale, de qualité de gouvernance et de transparence.

Après ce premier tri, quels sont les principaux points d’attention que vous passez en revue ?

Nous rencontrons en priorité le management, afin d’apprécier son histoire et son style de gouvernance, ainsi que la cohérence entre le savoir-faire des équipes et l’ambition du projet. La qualité des dirigeants et leur capacité d’exécution sont des critères déterminants pour décider de la poursuite de l’instruction d’un dossier.
Nous procédons ensuite à une analyse approfondie, multicritères, couvrant les dimensions clés de l’entreprise : stratégique, économique, financière, concurrentielle. Enfin, nous procédons à une estimation de la valorisation de l’entreprise et de son projet de croissance : c’est un élément qui peut paraître subjectif, mais qui repose sur une méthode d’évaluation du potentiel de croissance et des risques. Nous prenons également en compte avec le dirigeant les options de sortie identifiées à moyen terme pour nos investisseurs.
Ce processus d’analyse comporte ainsi plusieurs étapes de validation par notre Comité de Sélection.

EDULIS combine les financements en capital et les financements obligataires. Vos critères sont-ils différents selon le mode de financement ?

Pour l’essentiel, quel que soit in fine le mode de financement action ou obligation, notre démarche d’analyse d’une entreprise sera la même. Un financement obligataire approfondira l’analyse spécifique du risque de crédit et de défaut. Nous nous appuyons sur un partenaire indépendant, spécialiste de la notation de crédit. Nous ne retenons que les entreprises qui figurent dans le premier quartile de leur univers. Nous sommes très attentifs aux flux de trésorerie, à l’endettement, au ratio de couverture des charges financières. Il s’agit souvent de sociétés plus matures que celles que nous finançons en capital.

A la fin du processus d’analyse, comment est prise la décision de présenter le dossier à vos investisseurs ?

L’équipe d’EDULIS en charge du dossier présente un mémo au Comité de Sélection, mobilisant si nécessaire un avis d’expert, composé des trois associés d’EDULIS. La décision de présenter le projet à nos investisseurs sur la plateforme www.edulis-capital.com est systématiquement prise à l’unanimité.

Posté par Philippe LAGARDE - Directeur général - EDULIS

Capital investisseur (Sagard, Investessor), et banquier d’affaires (Deutsche Bank, Morgan Stanley, Croissance Partenaires), Philippe est un spécialiste de l’accompagnement stratégique et financier des entreprises, de la start-up à l’ETI. Ses expertises couvrent l’ensemble des enjeux liés au financement du développement et à la transformation des entreprises.