Fondteurs EDULIS_Cauquil_Meric_LagardeJean-Rémy Cauquil, Emmanuelle Meric et Philippe Lagarde sont trois associés à l’origine d’EDULIS, plateforme Fintech dédiée au financement en fonds propres des PME de croissance. Avant sa mise en ligne, ils reviennent sur les moments forts de cette aventure entrepreneuriale.

Comment est née l’envie de créer une plateforme de financement participatif ? Depuis combien de temps avez-vous ce projet ?

Jean-Rémy Cauquil : J’ai commencé l’activité de conseil aux entreprises d’EDULIS en 2014. Mon objectif était alors d’accompagner les dirigeants de PME dans leur stratégie de croissance. Je les aidais à structurer leurs projets et à trouver des fonds. Au fil des mois, j’en suis venu à m’interroger sur la façon dont je pourrais industrialiser cette approche pour offrir un meilleur service aux dirigeants. J’avais une triple conviction :

  • malgré l’abondance de liquidité, les dirigeants de PME n’ont pas facilement accès aux financements dont ils ont besoin,
  • les outils FINTECH vont révolutionner les métiers du private equity et les professionnaliser,
  • les pouvoirs publics et le régulateur soutiennent la finance participative qui n’est rien d’autre que la désintermédiation du monopole bancaire.

Fort de ces constats, j’ai décidé de me lancer, avec mes associés, dans la création d’une plateforme destinée à aider les PME. Notre objectif est simple : renforcer durablement leur haut de bilan en sortant des circuits traditionnels, des prêts bancaires et des fonds d’investissement.

Est-ce dans le cadre de ce nouveau projet que vous vous êtes entouré de Philippe et Emmanuelle ?

Jean-Rémy Cauquil : Oui. Emmanuelle a pris en charge la gestion des aspects technologiques du projet et Philippe nous a rejoints pour apporter ses compétences financières.

Emmanuelle Meric : J’ai travaillé plus de dix ans dans le monde de la Technologie Financière, aujourd’hui appelé FinTech, notamment pour différents éditeurs de logiciels financiers destinés aux marchés de capitaux internationaux, aux banques et fonds d’investissement… Associée EDULIS depuis sa création, j’ai été sollicitée par Jean-Rémy pour analyser et anticiper le rôle que la technologie allait jouer dans le marché du financement participatif de nos PME. C’est dans le cadre de cette évolution pour EDULIS que je me suis totalement engagée dans ce projet qui m’a paru différenciant par sa capacité à fédérer innovation techno-logique et expertise senior.

Jean-Rémy Cauquil : L’association et la complémentarité de nos compétences ont très vite porté leurs fruits, puisqu’en 2017 nous avons obtenu l’agrément AMF de Conseiller en Investissement participatif (CIP). Nous avons également renforcé notre capital, développé la Plateforme, lancé notre communication et recruté notre équipe.

Pour y parvenir, vous avez été confrontés aux mêmes difficultés que tout entrepreneur souhaitant créer sa société…

Jean-Rémy Cauquil : Comme tout entrepreneur, nous avons une ambition forte, mais cela ne suffit pas pour réussir à concrétiser un projet. Si nous y sommes parvenus, c’est grâce à notre énergie, à nos expériences professionnelles, à nos partenaires… et à nos actionnaires ! Il a également fallu trouver des banquiers qui nous écoutent comme Bpifrance. Réussir à les convaincre est ce qu’il y a de plus gratifiant !

Philippe Lagarde
: Nous avons conçu un outil très performant, à la fois au service des investisseurs et des entreprises. L’avancement de notre projet nous a permis d’aboutir, fin 2017, à une première augmentation de capital. Aujourd’hui, nous préparons une nouvelle levée de fonds pour le mois de mars.

Quelle sera la prochaine étape de l’aventure EDULIS ?

Jean-Rémy Cauquil : Nous sommes en train de signer nos premiers mandats avec des entrepreneurs dont les besoins d’investissements vont de 250 k€ à quelques millions d’euros. Leurs domaines d’activité sont très variés : l’énergie, le tourisme, l’informatique, l’intelligence artificielle, etc. Ces projets suivent notre processus de validation et nous espérons les retrouver bientôt en ligne sur EDULIS.

Selon vous, quels sont les points forts de votre plateforme ?

Emmanuelle Meric : En arrivant un peu après les autres sur ce marché, nous avons eu une vision globale de ce qui avait déjà été réalisé. Nous avons eu le recul nécessaire pour identifier les outils disponibles les plus efficients et les adapter à notre offre. Concernant le développement, nous avons décidé de travailler avec un partenaire « marque blanche ». Ce qui nous a fait gagner beaucoup de temps et d’argent.

Philippe Lagarde : Notre ambition n’est pas de proposer une « énième » plateforme sur le marché. Nous souhaitons créer, grâce à notre positionnement unique au service du haut de bilan des PME, une approche de service distincte et qualitative. Nous apportons un conseil senior aux entrepreneurs comme aux investisseurs et nous nous adressons à des investisseurs avertis qui se sentent concernés par le devenir des entreprises dans lesquelles ils investissent. Nous souhaitons séduire les entrepreneurs PME qui pensent en termes de croissance et de ruptures.

Humainement, que vous apporte l’aventure EDULIS ?

Philippe Lagarde : Pour exister sur le marché qui est le nôtre, il nous a fallu faire preuve de pugnacité. Cela finit toujours par payer ! Récemment, la BPI a exprimé son soutien à notre Plan d’Innovation et son intérêt pour l’approche PME originale que nous portons. Il y a une nouvelle dynamique qui se crée en faveur de l’investissement dans l’économie réelle : répondre à ce défi en construisant notre équipe, c’est pour moi une grande fierté.

Jean-Rémy Cauquil : Pour l’anecdote, le jour même où Bpifrance nous annonçait vouloir soutenir notre Plan d’Innovation, l’ORIAS immatriculait notre Plateforme et un Family Office avec lequel nous étions en discussion depuis plusieurs mois nous confirmait son intention d’investir. Cerise sur le gâteau, nous signions un nouveau mandat avec un client !

Emmanuelle Meric : Ce jour-là, nous avons vraiment eu l’impression d’un alignement de planètes !

En parlant de planète, il semble que vous souhaitiez tous les trois mettre l’accent sur l’international ?

Jean-Rémy Cauquil : Aujourd’hui, les dirigeants de PME de croissance ont tous une ambition et des projets de développement à l’international. C’est également ce qui nous anime. L’Europe en premier lieu, mais aussi des destinations plus lointaines.

Emmanuelle Meric : Jean-Rémy, Philippe et moi, nous avons tous les trois travaillé plusieurs années à l’étranger. En ce qui me concerne, j’ai dirigé à New York le développement d’une Fintech française sur les marchés américains.

Jean-Rémy Cauquil : Mon parcours de manager dans les secteurs de l’énergie et des services m’a mené aux quatre coins du monde : j’ai travaillé plus de 6 ans au Brésil, 3 ans en Suède et en Finlande dans une ETI à la pointe du développement durable, 3 ans entre l’Espagne et le Portugal… Enfin, j’ai consacré 3 ans au développement économique aux Antilles, ce qui m’a rapproché des PME-TPE et du financement de projets avec le soutien des acteurs régionaux et des financiers publics.

Philippe Lagarde : De mon côté, j’ai vécu une dizaine d’années à Londres où j’étais en charge du financement d’opérations de LBO et de croissance externe pour le compte de fonds d’investissement européens. Nous avons tous évolué dans un environnement international, ce qui est un véritable atout pour nos clients.

Posté par EDULIS